En bref
Chaque année, Kaï paye un bilan de santé complet à toute l'équipe via Kor. Ce n'est pas un avantage RH déguisé pour figurer dans une plaquette de recrutement. C'est une conviction. Voici comment l'idée est née, pourquoi je l'ai testée sur moi avant de la proposer à l'équipe, et ce que ça dit du rôle d'un dirigeant d'ESN en 2026.
Le déclic : anticiper la santé comme on anticipe le business
Diriger une ESN depuis quatorze ans, c'est apprendre à anticiper. On surveille la pipe commerciale six mois à l'avance, on cadre les renouvellements clients trois mois avant l'échéance, on regarde les marges au jour le jour. Anticiper, c'est notre métier de base.
Un jour je me suis fait la réflexion suivante : on anticipe les problèmes business à longueur de comité, mais quasiment jamais les problèmes de santé. Un dirigeant qui s'arrête net pour un AVC à cinquante ans, un consultant qui craque sans avoir vu venir, un collègue qui découvre une pathologie trop tard parce qu'il n'avait pas pris le temps d'aller voir un médecin. J'ai vu plusieurs de ces situations autour de moi ces dernières années.
À chaque fois je me suis dit qu'il y avait probablement quelque chose qu'on aurait pu faire en amont. Que la prévention pouvait avoir, dans le monde de l'entreprise, le même statut que l'anticipation business.
Tester sur moi avant de proposer
La première chose que j'ai faite, c'est de prendre rendez-vous moi-même. Pas pour vérifier que la prestation était bien faite, j'avais déjà confiance dans Kor à ce stade. Mais pour vérifier qu'on pouvait proposer ce type de bilan à des gens sans que ça crée plus d'anxiété que de bénéfice.
Le bilan complet prend une demi-journée. Bilans sanguins, dépistages adaptés à l'âge et au profil, échanges avec des médecins qui prennent le temps d'expliquer ce qu'ils voient. Tout est encadré, sans pression, sans urgence artificielle.
J'en suis ressorti rassuré, à la fois sur mon état de santé personnel et sur la qualité du dispositif. Je pouvais le proposer à l'équipe sans craindre qu'on les envoie dans une démarche stressante ou intrusive.
Embarquer l'équipe sans rien imposer
J'ai commencé par en parler à Mathieu, mon associé depuis le départ de Kaï en 2011. Quand je lui ai expliqué ce que je venais de faire, il a programmé son bilan dans la foulée. Le sien lui a apporté des choses concrètes : il a réajusté son hygiène de vie sur certains points, il a perdu du poids, il s'est remis au sport régulièrement.
Voir un associé proche tirer un bénéfice direct du bilan m'a confirmé que ça valait le coup de proposer la même chose à l'équipe au sens large. Et c'est là que le cadre que je voulais poser devenait important.
Je ne voulais surtout pas que ça ressemble à une obligation déguisée. Pas de « tous les consultants Kaï font un bilan, c'est notre culture ». Pas d'email RH formaté qui transforme un signal de bienveillance en case à cocher. J'ai juste dit, à l'oral, lors d'un point d'équipe normal : « Pour qui ça parle, on prend en charge le coût. Vous décidez, vous prenez rendez-vous quand vous voulez, on n'en reparle pas si vous ne souhaitez pas y aller. »
Les premiers retours
Sur les cinq personnes de l'équipe à ce moment-là, quatre ont pris rendez-vous dans les semaines qui ont suivi. La cinquième viendra peut-être plus tard, ou pas, c'est son choix et ça reste son choix.
Les retours sont positifs. Plusieurs personnes ont dit qu'elles n'auraient pas spontanément pris le temps de faire un check-up de cette ampleur sans ce cadre. Pas par négligence. Juste parce que la vie file et qu'on remet ces choses-là, surtout quand on est sur des missions exigeantes.
Sur un consultant SAP qui passe ses semaines en mission, à courir entre Paris et la province, à dormir à l'hôtel deux ou trois nuits par semaine, le temps pour ce genre de démarche se trouve rarement seul. Le sortir de l'angle mort, c'est une petite victoire silencieuse mais réelle.
Le rôle d'un dirigeant d'ESN en 2026
J'ai longtemps cru que diriger, c'était surtout produire les bonnes décisions stratégiques au bon moment. Acheter, vendre, recruter, débrancher, arbitrer. Avec le temps je me suis aperçu que c'est aussi, peut-être même surtout, créer un cadre dans lequel les gens peuvent fonctionner bien.
L'équipe Kaï attend de nous qu'on indique ce qui compte. Pas qu'on impose. Pas qu'on récite des valeurs affichées sur un mur en open space. Mais qu'on montre par nos choix ce qu'on considère comme important sur le temps long.
Si je signe une mission qui flingue les week-ends de toute une équipe pour le prochain trimestre, je dis quelque chose. Si je paye un bilan de santé annuel à tout le monde sans rien demander en retour, je dis autre chose. Les deux signaux sont entendus. Ils se cumulent dans le temps. Ils façonnent ce qu'on appelle, faute de mieux, la culture de la boîte.
Au-delà du bilan : les autres signaux santé chez Kaï
Le bilan annuel n'est pas un coup isolé. Il s'inscrit dans une logique plus large que je tiens à expliciter ici, parce que c'est l'ensemble qui compte, pas chaque élément pris isolément.
- Charge raisonnable. On refuse régulièrement des missions qui demanderaient un consultant à 110 % pendant six mois. Sur le moyen terme, ça coûte trop cher en burn-out et en qualité dégradée. Sur le projet Kuhn Group, l'équipe ABAP/Fiori est à six personnes, pas à trois qui se cassent en deux.
- Télétravail par défaut. Kaï est Remote Friendly depuis le démarrage. Sur une mission Greenfield S/4HANA en Alsace, ça change concrètement la qualité de vie d'un consultant parisien. Le présentiel client se négocie sur la valeur ajoutée, pas par principe.
- Droit à la déconnexion. Pas de Slack le week-end côté Kaï. Pas de Teams après vingt heures. Les messages tardifs sont mis en différé. Ce n'est pas spectaculaire, mais à l'échelle d'une carrière de quinze ans dans le SAP, ça change la donne.
- Bilan annuel offert. La couche prévention. La plus récente, la plus visible aussi.
Aucune de ces choses n'est révolutionnaire prise séparément. Mais leur cumul dessine une certaine idée de ce qu'on veut comme entreprise. Une ESN qui ne consomme pas les gens, qui les fait monter en compétences sans les broyer, qui assume que les humains durent plus longtemps que les missions.
Pour qui j'écris ça
Pas pour faire du marketing. Si vous lisez cet article en tant que prospect qui réfléchit à confier une mission S/4HANA à Kaï, ça ne vous concerne pas directement. Vos consultants livreront aussi bien des CDS Views, du RAP et des migrations Greenfield quel que soit le bilan de santé qu'on offre à l'équipe en interne.
Mais si vous lisez cet article en tant que consultant SAP senior qui se pose la question de rejoindre une ESN après avoir fait dix ou quinze ans en cabinet généraliste, ça vous concerne peut-être. Le bilan de santé en lui-même n'est pas le sujet. Le sujet, c'est quelle est la philosophie de la maison où vous allez passer les cinq prochaines années.
Et pour ce qui nous concerne, on essaye d'avoir une réponse claire à cette question. Cet article en est une pièce parmi d'autres.
Questions fréquentes
C'est une stratégie de fidélisation ?
Non, ou alors c'est un effet de bord. La fidélisation à Kaï passe surtout par la qualité des missions, l'autonomie qu'on laisse aux consultants et la cohérence de l'équipe sur le temps long. Le bilan de santé est un signal, pas un levier RH.
Combien ça coûte à Kaï ?
Entre 250 et 400 € par personne selon le niveau de bilan choisi. Sur cinq personnes, ça reste très en-dessous d'un avantage type voiture de fonction ou tickets restaurants premium. Le ratio bénéfice perçu / coût est imbattable.
Pourquoi Kor et pas un autre opérateur ?
J'ai testé Kor en premier sur une recommandation. J'en ai été content sur la qualité du bilan, sur la pédagogie médicale et sur l'absence d'anxiété générée par la démarche. Je suis resté.
Et pour les freelances qui interviennent sur mission Kaï ?
Le bilan est pour les salariés. Les freelances sont sur un autre modèle de rémunération qui leur permet de financer eux-mêmes ce type de prévention. Mais on en parle volontiers quand le sujet remonte dans une conversation.
Vous comptez aller plus loin ?
On verra. Le bilan est en place depuis peu, on observe les retours réels avant d'ajouter d'autres choses. Le risque de l'empilement RH, c'est de noyer le message dans un catalogue d'avantages qui ne veulent plus rien dire. On préfère faire moins mais bien.
Vous reconnaissez l'inspiration de cet article ?
Oui, une version courte de ce témoignage a paru sur le site de Kor en mai 2026. Le présent article en développe le propos avec plus de contexte personnel et le replace dans la philosophie d'ensemble de Kaï Consulting.
Vous êtes consultant SAP senior et la philosophie Kaï vous parle ?
On échange volontiers sur ce qu'on construit et sur ce qu'on attend d'un Tech Lead ou d'un architecte qui rejoindrait l'équipe.
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